Ouverture paysagère – Source de la Saine

Fin octobre, une certaine agitation se faisait entendre sur les hauteurs de Foncine-le-Haut. Attirés par les va-et-vient incessants d’un hélicoptère, de nombreux riverains se sont pressés aux abords de la source de la Saine pour venir assister à la dernière étape des travaux de réouverture paysagère du site. En effet, pendant plus d’une semaine une équipe locale de bûcherons, spécialisées en travaux acrobatiques (Entreprise Juraménagement, basée à Chaux-des-Crotenay), a débroussaillé la falaise sur le dernier secteur qui n’avait jamais fait l’objet de travaux et coupé les derniers épicéas.

La configuration des lieux limitant très fortement les possibilités d’accès, tous les arbres coupés ont ensuite été évacués par hélitreuillage. Cette méthode, bien qu’assez inhabituelle pour nos montagnes jurassiennes, présente l’avantage d’être très rapide (l’ensemble des arbres a été débardé sur l’équivalent d’une journée) et permet de minimiser les potentiels impacts négatifs d’engins lourds au sol sur les milieux naturels environnants (corniches calcaires, pelouses sèches calcicoles, etc.)

 

Débuté en 2012, cette dernière tranche opérationnelle conclut la vaste opération de valorisation paysagère de la Source de la Saine (réouverture paysagère, aménagement d’un cheminement pour randonneurs, belvédère aménagé). Le site retrouve ainsi son aspect d’antan, fait de roches et de pelouses maigres piquetées de buissons.

 

Ce paysage est emblématique du Haut-Jura à plus d’un titre. D’un seul coup d’œil, il résume l’histoire de notre territoire : témoin d’un passé géologique tourmenté et complexe, fait de couches calcaires, de plissements, de fractures et de failles d’où l’Homme a, de tout temps, essayé de tirer le meilleur.

Autrefois entretenu et utilisé pour le pâturage, notamment ovins et caprins, le secteur de la Source de la Saine a peu à peu été délaissé au court des décennies précédentes entrainant un boisement rapide et une fermeture complète du milieu.

 

Bien que la vocation première de l’opération de la réouverture soit la reconquête des paysages, les enjeux écologiques majeurs ont été attentivement pris en compte. Les premiers travaux sur le flanc Nord-Est ont permis de retrouver et de conserver des habitats de pelouses sèches remarquables. Ces milieux, caractéristiques de nos montagnes de l’Est, hébergent une faune et une flore particulièrement diversifiées et de grand intérêt patrimonial, souvent rares et en déclin (Orchidées, Apollon, Azuré de la croisette, Pie-grièche écorcheur, etc.). Le site bénéficie d’ailleurs d’un classement « Natura 2000 » depuis 2009 et a été intégré au réseau des « Espaces Naturels Sensibles » du département du Jura cette année.

 

 

Ces milieux pelousaires ne sont pas figés mais présentent, au contraire, une dynamique naturelle. Petit à petit la forêt tend naturellement à coloniser les espaces dégagés si ces derniers ne sont pas pâturés. Bien qu’il s’agisse de l’évolution « naturelle » du milieu, un tel scénario entraine une homogénéisation et une banalisation de la faune et de la flore locales.

Ainsi, leur préservation passe indubitablement par une maitrise de la végétation. Ici, l’entretien se fait par le biais  d’un pâturage extensif traditionnel par des ânes et des chèvres gérées par la commune. Cette méthode douce à l’avantage de concilier les enjeux économiques et environnementaux.

 

Quelques chiffres :

Le coût de cette opération de dégagement paysager est de 37 500 € (hors taxe) dont 15 000€ environ dédiés à la seule phase de débardage par hélicoptère.

Quatre partenaires ont participés au financement  de cette action :

  • Commissariat à l'Aménagement du Massif du Jura (D.A.T.A.R) : 15 000 € (40%)
  • Communauté de communes de Champagnole Porte du Haut-Jura (MO) : 10 125 € (27%)
  • Conseil Départemental du Jura : 7 500 € (20%)
  • Conseil Régional Bourgogne-Franche-Comté : 4 875 € (13%)

Le Parc naturel régional du Haut-Jura est intervenu en tant qu’assistant technique au maitre d’ouvrage (la communauté de communes de Champagnole Porte du Haut-Jura).

 

Les bois coupés étant d’assez mauvaise qualité, ils seront valorisés en bois-énergie (plaquettes) mais ne permettront pas de dégager  des retours financiers significatifs.

 

Contact Parc : Damien Aubet
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