Franck Dutoit

Exposition "Portraits d'ici - Photographies d'habitants de la montagne jurassienne"

 

 

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Franck Dutoit, agriculteur - La Ferme des Meuh...tagnes
Pratz / Lavans-lès-Saint-Claude

 

Un agriculteur aux milles envies

La Ferme des Meuh… tagnes est une singularité dans le paysage agricole du Haut-Jura : un troupeau de 10 vaches Jersiaises au pays des Montbéliardes, des yaourts au royaume des AOP fromagères ! Une fierté pour Franck Dutoit qui a repris l’exploitation de ses parents, avec son épouse et désormais son fils.

 

« Quand mes parents ont pris leur retraite, les champs devenaient des friches, il n’y avait plus d’animaux… C’est à ce moment là que j’ai pris la décision de quitter l’industrie pour reprendre l’exploitation. Mais il fallait trouver une activité ! Il y avait déjà une production de yaourts à Cuttura et le fonds de commerce était à vendre. Ce sont mes collègues de Désertin qui l’ont repris mais avec des Montbéliardes. J’ai souhaité me lancer dans la même production mais en gardant les Jersiaises. Leur lait est plus riche en matières grasses ce qui donne un yaourt totalement différent, très crémeux et ce qui permet de travailler sans poudre de lait, sans additif. »

 

S’en suit le long chemin de la création d’activité. Les démarches administratives, la découverte de la comptabilité, les formations laitières, les relations avec les banques… S’il décide de se lancer en 2014, le premier yaourt ne sera produit qu’en 2018 ! Epaulée par son épouse Angélique (elle gère aujourd’hui la partie fabrique), Franck ne se départit pas de sa volonté. « Au départ, il a fallu se débrouiller seul car nous étions trop petit. Nous n’intéressions personne, ni les banques, ni les fournisseurs. Pour le système de traite par exemple, nous avons acheté une installation d’occasion et l’avons adapté par nos propres moyens. »

 

Quatre ans plus tard, La ferme des Meuh… tagnes produit environ 4 000 yaourts par semaine et emploie cinq personnes, dont leurs fils et deux apprentis. Franck et son épouse viennent de lancer leur gamme de crèmes dessert, de se constituer en GAEC, planchent sur la construction d’un nouveau bâtiment et ont même un projet de camping à la ferme dans un coin de leurs têtes. Franck bouillonne d’idées et à l’entendre, on est complétement emporté par son envie ! Et on se dit qu’il en faut de l’envie et de la passion pour gérer une telle exploitation. « On a 10 métiers en un avec la fabrique, la livraison, les marchés, le commercial. C’est passionnant mais c’est aussi un métier di cile. On y est 365 jours sur 365, sans week-end et sans vacances ! Le plus dur est de faire le troupeau pour avoir un vêlage tous les mois, être capable de faire un cycle pour avoir tout le temps la même quantité de litres de lait. Pour traire 10 vaches, il faut le triple d’animaux pour qu’elles aient le temps de se reposer entre les cycles de vêlage. Pour nous, l’objectif c’est 15 vaches maximum parce qu’au-delà on tombe dans une logique industrielle et on ne le veut pas. Et puis, il vous faut aussi le double de monde et on fi nit par gérer le monde et ne plus passer de temps avec les animaux. »

 

Car ce qui anime Franck plus que tout, c’est l’amour pour ses bêtes. « Quand j’ai repris l’exploitation, c’était pour les vaches. Le goût de la fabrique est venu plus tard. Chez nous, les bêtes ont à manger tout le temps, elles ont de la place, elles sont nourries avec le moins de farine possible. Pour moi, le plus important est le bien être de mes vaches. »

 

Pour ses vaches, Franck exploite 70 hectares de terrain et cherche sans cesse à acquérir de nouveaux terrains. Un accès au foncier qui est sa principale préoccupation, notamment face au changement climatique. « Avant, il y avait 3 agriculteurs pour cette surface. C’est énorme mais avec les di érences de températures, les sécheresses, ça ne suffit pas toujours. On peut manquer d’herbe. En 2020 par exemple, c’était juste. On s’en sort car on a beaucoup d’hectares et peu de bêtes. Malheureusement, cette problématique de l’accès aux terres agricoles est très di cile à faire comprendre, notamment aux collectivités. » Vente à la ferme, marchés, épiceries locales, fruitières, lycées, restaurants… Dès le début de son activité, Franck a fait le choix des circuits-courts. « C’est important de parler de notre métier pour que les gens consomment de manière plus éclairée. Quand je les reçois à la ferme ou que je discute sur les marchés, je leur explique tout, je leur montre tout. » Une façon de se différencier mais surtout d’être proche des gens, d’ancrer son activité dans l’économie locale et de partager sa passion pour son métier et ses bêtes.


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