Michel Barrel

 Exposition photos "Portraits d'ici - Photographies de la montagne jurassienne"


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Michel BARREL, pêcheur - Valserhône

Par amour de la Valserine

Au bord de la rivière Valserine, dans le calme d’une matinée de printemps, Michel Barrel nous ouvre son coffret de mouches. En nous faisant découvrir ses leurres, il nous livre les subtilités de la pêche à la mouche. Plus exigeante, cette pêche nécessite une très grande connaissance de la rivière, des poissons, des insectes. Ça tombe bien, Michel connaît la Valserine par cœur, chaque recoin, chaque caillou…

« Quand je suis arrivé ici en 1970 avec ma famille, je suis d’emblée tombé amoureux de la Valserine ». L’attachement à la rivière est immédiat et ne le quittera pas ! Il dit même que c’est pour elle (et sans doute aussi pour le plateau du Retord et le ski de fond) qu’il n’est jamais rentré dans son pays natal. C’est dire ! De cette affection sans borne pour la rivière est né un engagement de tous les instants pour la préserver.

 

En 2014, son action et celle de ses compagnons de route, est récompensée avec l’obtention du label « Rivières sauvages » pour la Valserine, la première en France. « Je suis originaire de Bourgoin où coule une rivière, la Bourbre. Quand j’étais gamin, on était tout le temps fourré à la rivière. Et puis, petit à petit, je l’ai vu se dégrader. Quand je suis arrivé ici, j’ai découvert une rivière magnifique. J’ai été surpris de la quantité de poissons. Je me disais : « les gens ici ne savent pas pêcher, ce n’est pas possible » ! Mais j’ai aussi vu les dépôts d’ordures en bas de chaque village. Ça m’a vraiment interpellé. Avec ce que j’avais vu chez moi, je savais qu’une rivière se transforme au fil du temps, de manière insidieuse et que ça pouvait commencer comme ça. Je ne voulais pas que cela arrive à la Valserine.

 

En 1974, avec des amis, il crée donc une association de protection des bassins-versants de la Valserine et de la Semine. Il rencontre les maires des communes et commence son travail de sensibilisation. À l’époque, on le prend pour un doux rêveur… mais les graines sont semées ! Au cours des années suivantes, l’association met en échec deux projets d’installation de porcheries intensives et les élus locaux se saisissent de la question des dépôts d’ordures, de l’assainissement.

 

Pêcheur, Michel a toujours fait partie de la société de pêche locale. Dans les années 1990, il décide de s’y impliquer davantage. À cette période, les 5 associations de pêche du bassin-versant fusionnent pour devenir le groupement Valsemine. Michel saisit l’opportunité d’orienter l’action du groupement vers la protection de la rivière : « Les membres étaient parfois étonnés que l’on ne parle pas plus de pêche dans le groupement. Pour moi, il ne s’agissait pas d’avoir plus de pêcheurs mais plutôt de garder une belle rivière pour avoir de beaux poissons. On a d’ailleurs fait tout un travail autour de la gestion des poissons et du rempoissonnement en protégeant par exemple les reproducteurs et en limitant le nombre de prises ».

 

Pour Michel, ce label « Rivière sauvage » est avant tout un gage de pérennité. Son expérience bénévole lui a montré à quel point les avancements sont fragiles et reposent souvent sur quelques individus : « Un bénévole qui arrête, une pollution et il faut tout recommencer. Le label nous permettait de pérenniser tout ce que l’on avait fait pour la rivière et aussi de s’appuyer sur un réseau solide ».

 

Après 40 ans d’engagement, Michel est redevenu un « simple » pêcheur. Il n’en demeure pas moins un témoin attentif des évolutions qui impactent la Valserine. « Aujourd’hui, quand je vois l’engouement pour la montagne et la manière dont les gens se comportent, en consommateur de la nature, je suis un peu inquiet. À l’obtention du label, on a toujours dit qu’il ne fallait pas aller vers un développement touristique tout azimut de la Valserine, qu’il fallait que cela reste à échelle humaine. J’espère que le label ne dérivera pas… Mais ce qui m’inquiète surtout c’est le changement climatique. Depuis 5 ou 6 ans, on voit vraiment une dégradation, au niveau des insectes invertébrés qui disparaissent mais aussi au niveau des populations de poissons qui se
modifient. Est-ce en lien avec la température de l’eau ? Il y a aussi les épisodes d’étiages plus longs, plus répétitifs… Il est vraiment important que l’on essaie de comprendre ».


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