Étudier la biodiversité de la Bienne

Connaître pour agir

L’étude adopte une vision à large échelle dont les objectifs sont de :

  • Localiser les “poches” de biodiversité (richesse biologique, abondance) ;
  • Caractériser leur potentiel de diffusion et identifier des points de blocage (rupture de continuité, lacunes en corridors écologiques, qualité d’habitat insuffisante ou absence d’habitat favorable, artificialisation des berges, barrages) ;
  • Prendre en compte les habitats thermiques (risques prioritaires, besoins de continuité…)

Grâce aux nouvelles connaissances acquises, cette étude permettra d’affiner les programmes de restauration avec un plan d’actions concrètes pour traiter les points de blocage, augmenter les flux de biodiversité et ainsi améliorer leur résilience face au changement climatique.

Biodiversité et températures de la Bienne

Initié en 2021, ce projet ambitieux et innovant vise à décrire la répartition spatiale de la
biodiversité liée aux cours d’eau à l’échelle du bassin versant de la Bienne à travers
trois compartiments biologiques : les poissons, les insectes aquatiques et les oiseaux.
Les milieux abritant cette biodiversité connaissent actuellement une évolution liée au
changement climatique.

Le projet a donc également examiné l’accessibilité aux
habitats thermiques, c’est à dire la possibilité pour la faune aquatique d’accéder à
des zones plus fraîches. Ainsi, un survol de la Bienne en ULM a permis de prendre la
température du cours d’eau sur 70 km en une seule journée.

ULM avec camera thermique ©ScimaBio

La méthode consiste à réaliser une cartographie thermique très précise par un survol de la rivière
avec un ULM équipé d’une caméra thermique embarquée dans un hélipod. Cela permet d’identifier les secteurs de « surchauffe » et aussi les zones froides sur l’ensemble du linéaire. La Bienne présente des résurgences importantes mais le linéaire est trop souvent impacté par des
barrages ou des zones artificielles qui réchauffent la température de l’eau.

Exemple d’une différence thermique importante amont/aval au niveau du barrage d’Étable©ScimaBio

Biodiversité génétique de la Bienne

Truite fario souche méditerranéenne

Les résultats confirment le fait que la rivière est cloisonnée, notamment par les barrages. Cette fragmentation est thermique, avec des
températures élevées en amont des barrages
(>25°C) mais aussi génétique. On observe 11
clusters génétiques sur la Bienne alors qu’un seul cluster devrait être la norme. L’ADN de ces
poissons montre aussi qu’une continuité à la montaison existait avant la construction des barrages sur la Bienne.

Truite fario : souche méditerranéenne vs atlantique

Une Bienne contrastée

Les premiers résultats de l’étude montrent une Bienne contrastée. Les zones dégradées,
les barrages problématiques et autres aménagement hérités du passé industriel s’opposent à des résurgences froides potentiels habitats refuges et une basse vallée présentant de nombreux “hotspots” de biodiversité.
Le programme d’actions en cours d’élaboration proposera des solutions à court et à long
terme pour permettre à ce potentiel naturel de s’exprimer pleinement.

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