Restauration morphologique du ruisseau de la Pèle

Carte d’identité de la Pèle

Le diagnostic hydrographique et la recherche d’éléments d’archives sur le ruisseau de la Pèle ont mis en avant des perturbations morphologiques du milieu liées à l’Homme. Le ruisseau a notamment subit des opérations de curage, de rectification et de déplacement. Les zones humides associées se sont trouvées dégradées par ces interventions associées à des travaux de drainage. A ces diagnostics s’ajoute le constat d’une perte significative de biodiversité sur les milieux naturels bordant le ruisseau de la Pèle. Ce site naturel présente tout de même un fort potentiel malgré une situation altérée. 

La commune d’Onoz est soucieuse de préserver ce patrimoine naturel, notamment pour son intérêt écologique particulier. Soutenue par le Conservatoire du littoral, elle a sollicité le Parc du Haut-Jura pour porter un projet de restauration de ces milieux. 

Le projet de restauration morphologique du ruisseau de la Pèle à Onoz a donc débuté en 2021 sur un tronçon en aval de la commune d’Onoz. Finalement, les travaux s’achèvent à l’automne 2023 par la remise en fond de vallée du ruisseau sur un linéaire restauré de près de 1200 mètres.

Vue aérienne du ruisseau de la Pèle avant travaux ©PNRHJ

Des habitats et espèces d’intérêt communautaire

Autour du ruisseau de la Pèle, le service Natura 2000 Petite Montagne de Terre d’Emeraude Communauté a identifié plusieurs habitats et espèces d’intérêts communautaires . Prairies humides et prairies de fauche abritent une flore et une faune rares ou menacées : Narcisse des poètes, Pie grièche écorcheur, Bruant jaune, Grand nègre des bois (Papillon), ..

Différentes études ont été menées préalablement au projet. Elles ont mis en avant une qualité faunistique et floristique conditionnées par les usages agricoles et par l’état dégradé des milieux naturels. L’exploitation des parcelles bordant cette portion de la Pèle fait donc l’objet d’une convention avec le Conservatoire du littoral, qui en est propriétaire. Cette convention impose des pratiques agricoles respectueuses des milieux naturels et des espèces qui y vivent. Ainsi, le projet comporte un volet sur l’usage agricole des parcelles afin de maintenir l’ouverture du milieu tout en permettant le pâturage et/ou le fauchage.

Restauration d’un milieu dégradé et appauvri

L’objectif premier de ces travaux est de permettre au cours d’eau et aux milieux humides associés de retrouver un fonctionnement dynamique et continu. Les travaux doivent notamment permettre aux zones humides de retrouver leur rôle d’éponge. Ils devraient également améliorer la capacité d’accueil d’une faune et d’une flore remarquable.
Le projet comportait plusieurs étapes :

Remise en fond de vallée et restauration du tracé

Des travaux de terrassement par déblai du nouveau lit (lit naturel) et remblai de l’ancien lit (lit créé par l’Homme) ont permis de repositionner le ruisseau à son emplacement naturel : le fond de vallée.  

Terrassement du lit en fond de vallée    
Recharge granulométrique du lit
Vue du chantier après remise en fond de vallée du ruisseau et comblement de l’ancien lit 

Bonne pioche ! Par endroit, le terrassement du nouveau lit a permis de retrouver des sédiments qui composaient le lit du ruisseau avant que l’Homme ne le déplace. Le nouveau lit créé a tout de même été rechargé en matériaux sédimentaires (issus d’une carrière locale) afin de reconstituer un lit naturel. L’ancien lit et les fossés drainant la zone humide en amont ont été rebouchés par la terre de déblai du nouveau lit.  

Amélioration de la continuité écologique

Des aménagements sans impact sur la libre circulation de l’eau, des poissons et des sédiments remplacent les ouvrages de franchissement inadaptés 

Mise en défens du ruisseau

Le Parc a aménagé des clôtures et franchissements du cours d’eau. Ils permettent de faciliter l’exploitation des parcelles pour le pâturage tout en préservant le ruisseau du piétinement par le bétail. L’exploitant agricole et le Parc ont conjointement déterminé l’implantation et le type de clôtures. Leur implantation permet le pâturage en amont et la fauche en aval.

ruisseau avant la mise en défens
Passerelle pour le bétail et clôtures après la mise en défens 

Végétalisation des abords et des surfaces terrassées

Reprise de la végétation herbacée

Des arbres et boutures de saules ont été plantés ponctuellement dans le but de reconstituer la ripisylve. Les surfaces agricoles mises à nue ont été rensemencées avec un mélange grainier constitué d’herbacées prairiales fourragères.  

Des travaux déclarés d’intérêt général

Ces travaux, visant à améliorer la fonctionnalité des milieux aquatiques, ont été déclarés d’intérêt général par la préfecture du Jura au titre de l’article L211-7 du Code de l’environnement.  Ils ont été réalisés en respectant les préconisations émises par les services de l’Etat et de Natura 2000 Petite Montagne du Jura. Des précautions ont notamment été prises durant le chantier pour ne pas impacter les espèces d’intérêt communautaire telles que les Narcisses du poète. Les avis émis ont précisé l’impact positif de la restauration morphologique du ruisseau. Les travaux sont favorables à l’atteinte du bon état écologique des masses d’eau fixé par la directive cadre européenne du 23 octobre 2000. 

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