dB@Risoux

Ecoacoustique et paysage sonore

Chouette Tengmalm ©PNRHJ/J.Arbez

Le programme « dB@Risoux » a pour objectifs de caractériser la richesse de la biodiversité par le prisme du son, de suivre son évolution à long termes et de sensibiliser les publics à l’écoute des paysages sonores, dans un contexte de changement climatique et de déclin de la biodiversité.

Ce projet se place dans la continuité de l’action déployée par le Parc sur la reconnaissance et la valorisation des paysages sonores. Il est basé sur une discipline scientifique nouvelle et en plein essor : l’écoacoustique. Cette discipline étudie le son sur une large gamme d’échelles spatiales et temporelles afin de suivre la biodiversité.

Un protocole d’écoute innovant et non intrusif

4 magnétophones ont été placés au sein de la forêt du Risoux et enregistrent quotidiennement automatiquement les sons une minute tous les quarts d’heure (soit 140 000 fichiers audio/an). Ce dispositif est le socle du projet qui devrait durer 15 ans.

Il peut être complété, ponctuellement et selon les thématiques de recherche, par des protocoles d’enregistrement plus légers (durant une saison ou quelques années et à différents endroits). Ces derniers permettent de mieux connaître une espèce en particulier sans la déranger. C’est notamment le cas d’études sur le Grand Tétras, la Gélinotte des bois et la Chouette de Tengmalm.

enregistreur du programme dB@Risoux

Des avions dans le paysage sonore du Risoux

Cette étude a permis de caractériser 5 composantes sonores du Risoux :

  • les avions présent sur 75% des enregistrements
  • la biophonie (ensemble des sons du vivant) présent sur 43% des enregistrements
  • le vent, présent sur 35% des enregistrements
  • la pluie, présent sur 21% des enregistrements
  • le silence. présent sur 14% des enregistrements

Si le son des avions sont prédominant entre 9h00 et 23h00, le silence est rare et se limite principalement à la nuit. Seule la biophonie présente une variation saisonnière marquée, avec une hausse au printemps et en été (de 20 à 60 %), contrairement aux 4 autres composantes étudiées, qui sont relativement stables tout au long de l’année.

En dépit de sa superficie, de son isolement géographique et de sa richesse biologique, le Risoux est donc soumis majoritairement à l’influence sonore des sons produits par l’homme (anthropophonie), et notamment le son des avions.

De nombreuses études ont observé les multiples impacts de la pollution sonore sur les écosystèmes. Il est donc possible que les bruits d’avions aient un impact sur les dynamiques écologiques qui en résultent mais il est difficile de mener de telles études.

En dépit du bruit croissant lié aux technologies, il reste encore une extraordinaire biodiversité sonore dans le Risoux, qu’il convient de faire connaître pour la préserver.

Valoriser la richesse des paysages sonores

Salle de projection – immersion sonore Le chant de la forêt du Risoux

dB@Risoux permet également de mettre en lumière les paysages sonores du Haut-Jura et en particulier ceux provenant de la forêt du Risoux, sous différentes formes de valorisation culturelle. Une immersion sonore a par exemple été conçue pour l’exposition permanente de la Maison du Parc. Dénommée « Le chant de la forêt du Risoux », elle permet aux visiteurs de mieux comprendre le projet et les enjeux liés à la prise en compte de la dimension sonore de nos paysages par une approche sensible et artistique.

Pour aller plus loin