1986-2026 : le Parc a 40 ans

40 ans d’histoire

Dans les années 1980, l’enjeu majeur était de lutter contre la désertification des campagnes et de maintenir une dynamique de vie dans les villages du Haut-Jura. Sous l’impulsion de Noël Georges Grenier, conseiller départemental du Jura de l’époque, les maires du Haut-Jura se réunissent pour lutter contre cette désertification avec tout d’abord le Syndicat intercommunal de développement et d’aménagement du Haut-Jura puis, finalement, en 1986, le Syndicat mixte du Parc naturel régional du Haut-Jura. Le territoire du Parc se limitait à l’époque à 37 communes du département du Jura.

Quarante ans plus tard, les défis ont évolué pour les 106 communes adhérentes dans le Doubs, le Jura et l’Ain : adaptation au changement climatique, préservation des ressources naturelles et des biens communs, sobriété foncière et transition énergétique, adaptation des modèles économiques aux changements globaux

Ces grands enjeux ont guidé les élus dans l’écriture de la Charte 2026-2041. Sa signature et le renouvellement du label « Parc naturel régional » pour les quinze prochaines années marqueront ainsi l’ouverture d’une nouvelle étape, fidèle à l’histoire et aux valeurs fondatrices du Parc : coopérer, expérimenter, innover et agir collectivement pour l’avenir du territoire.

40 ans d’action du Parc

Mieux connaître le territoire pour mieux agir

Depuis sa création, le Parc naturel régional du Haut-Jura mène de nombreuses études et diagnostics pour mieux comprendre les évolutions du territoire. Souvent peu visibles du grand public, ces travaux constituent pourtant un socle essentiel pour construire des actions concrètes, éclairer les décisions publiques et adapter les politiques locales aux enjeux actuels et futurs.
Dès la fin des années 90, le Parc commence à faire des études naturalistes pour mieux connaître son patrimoine naturel et le préserver. Les études d’hier et d’aujourd’hui aident à comprendre les évolutions de notre territoire, notamment liées au changement climatique. Parmi les suivis sur le long terme, un est particulièrement remarquable : l’inventaire des oiseaux sur le massif du Risoux. Débuté en 1964, il a été renouvelé en 1988, en 2003, en 2010 puis en 2024.

Bien avant d’être confronté aux dépérissements actuels des épicéas, le Parc a travaillé avec les acteurs de la filière forêt-bois sur la vulnérabilité des forêts au changement climatique en s’intéressant plus particulièrement à la réserve en eau des sols forestiers. Ces travaux ont d’ailleurs fait l’objet d’une présentation à la COP21 de Paris en 2015.

Certaines études, qui prennent la forme de diagnostics du territoire, ont abouti à des stratégies. Depuis les 5 dernières années, le Parc en a élaboré un certain nombre : Forêt-bois, qui fait suite à Horizon 2022 : de la forêt au bois, Paysage, Ambition Climat 2030, qui fait suite au Plan Climat Énergie sorti en 2010, Métiers de demain, Habitat du Pays du Haut-Jura ou encore Préservation de la ressource en eau (en cours). Ces stratégies permettent de s’accorder collectivement sur une vision partagée et des actions prioritaires à mener.
D’autres études débouchent quant à elles directement sur des actions de terrain. En 2023, par exemple, le Parc et le CEREMA ont identifié les secteurs où le lynx est le plus exposé aux collisions routières, afin d’aider les partenaires et collectivités à sécuriser les tronçons les plus sensibles. En parallèle, le Parc est en cours de demande d’homologation d’un panneau de signalisation routière officiel dédié au Lynx.

Travaux LIFE tourbière des Douillons-2016

Avec l’aide de ses partenaires, le Parc assure également le suivi à long terme de milieux naturels restaurés afin d’évaluer les effets des travaux de génie écologique. Ces données permettent de mesurer l’efficacité des actions engagées, de mieux comprendre les évolutions observées et d’améliorer les pratiques. Parmi les exemples : le suivi des populations de libellules et de végétation sur la tourbière des Douillons à Nanchez après les travaux menés dans le cadre du programme LIFE Tourbières du Jura en 2016, ou encore l’évolution des populations piscicoles après l’effacement de seuils sur la Bienne.

Innover avec des actions pionnières

Le Parc s’est également illustré par des actions innovantes, souvent expérimentales, devenues de véritables références. Dans le domaine de la gestion de l’eau, le Parc a notamment accompagné les premiers contrats de rivière sur la Bienne et la Valserine, cette dernière étant devenue la première rivière labellisée « Rivière Sauvage » en France. Il s’est également fortement mobilisé pour la réhabilitation et la préservation des tourbières, milieux naturels emblématiques du territoire.

1er contrat de rivière et nettoyage de la Bienne-1995

Dès 2004, le ruisseau de Nanchez a fait l’objet de l’un des premiers projets de reméandrement de cours d’eau en France, illustrant la volonté du Parc de restaurer les fonctionnalités naturelles des milieux aquatiques. Cette dynamique s’est poursuivie à travers de nombreux chantiers de restauration de rivières, y compris dans des contextes complexes en milieu urbain, comme le projet « Échappée Bienne » à Morez. Depuis 2014, les tourbières du territoire ont également bénéficié de deux programmes européens LIFE, renforçant les actions de préservation et de restauration engagées avec les partenaires.

Installation de micros dans la forêt du Risoux

Le Parc a par ailleurs soutenu des initiatives précurseuses de mobilité durable avec des dispositifs d’autopartage en milieu rural. Il a aussi développé des outils numériques destinés à mieux faire connaître le territoire et ses patrimoines, comme l’outil Géotrek déployé sous le nom Haut-Jura Rando. Citons également son utilisation d’une discipline récente et prometteuse, l’éco-acoustique, pour le suivi de la biodiversité de la forêt du Risoux mené avec le Muséum d’histoire naturelle.

Préserver les patrimoines du Haut-Jura

La restauration et la valorisation des patrimoines naturels et culturels constituent également un axe fort de son action. Cette ambition se traduit par de nombreux projets de restauration, de sensibilisation et d’accompagnement des acteurs locaux.
Au fil des années, d’importants chantiers ont été engagés pour restaurer les rivières, les tourbières et, plus largement, les milieux naturels remarquables du territoire. Grâce à des dispositifs tels que Natura 2000 et les programmes européens LIFE, le Parc agit aux côtés de ses partenaires pour préserver une biodiversité aussi exceptionnelle que fragile.

Action de sensibilisation au dérangement de la faune – hiver 2014

Parmi les espèces emblématiques du massif, le Grand Tétras occupe une place particulière. Dès les années 90, le Parc et ses partenaires développent des actions de connaissance, de préservation des habitats et de sensibilisation des usagers de la montagne au dérangement du coq de bruyère. Véritable espèce « parapluie », sa protection contribue à préserver l’ensemble des écosystèmes forestiers dont il dépend.

La préservation du patrimoine du Haut-Jura concerne également l’architecture et les savoir-faire locaux. Le Parc a accompagné les habitants et les collectivités dans la préservation du patrimoine bâti traditionnel grâce à des conseils, des guides techniques et des dispositifs favorisants l’éco-rénovation et l’utilisation du bois local.

Cet engagement se poursuit aujourd’hui avec de nouvelles actions destinées à rénover le petit patrimoine rural. En 2026, le Parc accompagne ainsi les collectivités volontaires dans la restauration d’éléments emblématiques du paysage jurassien, tels que les lavoirs, les fontaines ou encore les murets en pierre sèche.

Valoriser le territoire et sensibiliser à ses richesses et fragilités

Parce qu’un territoire vivant repose aussi sur ses savoir-faire et son attractivité, le Parc mène des actions de valorisation à destination des habitants comme des visiteurs. La marque Valeurs Parc, les projets artistiques et culturels comme Nature in Solidum ou les Sites et paysages sonores, ainsi que l’aménagement de sites (panneaux pédagogiques, belvédères, platelages en tourbières), la Grande Traversée du Jura ou encore les parcours Jurassic Vélo Tours participent à promouvoir une autre manière de découvrir le Haut-Jura : plus respectueuse, plus sensible et plus durable.

La sensibilisation et la transmission occupent enfin une place essentielle dans les missions du Parc. Depuis plusieurs décennies, il développe des outils pédagogiques et des actions pour mieux faire connaître les richesses du territoire et encourager les comportements responsables. Les Rendez-vous du Parc, la démarche Quiétude Attitude, les podcasts Au rythme du Haut-Jura, ou encore les programmes éducatifs comme Mission Rivière ou les appels à projets pédagogiques permettent de toucher tous les publics. À la Maison du Parc, l’exposition permanente et les ateliers pédagogiques participent également à cette volonté de transmettre une culture commune du territoire.

Accompagner le développement durable du territoire

Créé pour accompagner les collectivités, les professionnels et les habitants du Haut-Jura, le Parc naturel régional du Haut-Jura s’affirme comme un partenaire incontournable du développement durable du territoire. Grâce à un accompagnement technique et financier, il soutient de nombreux projets locaux et met son expertise au service des dynamiques territoriales.

Depuis plus de trente ans, le Parc joue un rôle majeur dans la mobilisation des financements européens. Il a porté l’ensemble des programmes LEADER déployés sur le territoire, du premier lancé en 1992 jusqu’au sixième en cours.

Fortement engagé dans la coopération transfrontalière avec la Suisse, le Parc a piloté et contribué à différents projets Interreg. Parmi ces initiatives figure notamment le développement du covoiturage dans l’Arc jurassien.
Les communautés de communes du Pays du Haut-Jura se sont appuyées sur l’expertise du Parc pour déployer LYVIA, des services de mobilité durable. Cette offre comprend plusieurs solutions innovantes destinées à faciliter les déplacements du quotidien : autopartage, location longue durée de vélos électriques ou encore dispositifs d’auto-stop organisé.

L’action du Parc bénéficie également au secteur privé, par exemple dans les domaines de l’artisanat et de l’industrie. En 2007, il a contribué à la création de l’Atelier des savoir-faire, un lieu dédié à la rencontre, à la valorisation et à la transmission des savoir-faire.

Le Parc est également engagé depuis sa création auprès des agriculteurs de son territoire, en mobilisant dès les années 90 des financements européens dans le cadre de de divers dispositifs agro-environnementaux : OLAE (pour opérations locales agri-environnementales), puis CAD ( Contrats d’agriculture durables), CTE (Contrats Territoriaux d’Exploitation) et les Mesures Agro-Environnementales et Climatiques depuis 2007. Depuis 2023 le Parc porte 2 Projets Agro-Environnementaux un sur chaque région. Ils apportent via des contrats de 5 ans, un soutien financier à près de 130 exploitations agricoles du territoire, pour le maintien de pratiques agricoles extensives sur 10000 ha.

1er concours de prairies fleuries de France à l’initiative des Parc du Haut-Jura et des Bauges – 2007

Plus récemment, entre 2020 et 2024, l’opération « Cap Rivières Saines » a permis d’accompagner des industries volontaires du bassin versant de la Bienne dans leurs démarches de réduction des rejets toxiques.

À travers ces différentes actions, le Parc confirme son rôle de catalyseur de projets et d’accompagnateur des transitions environnementales, économiques et sociales au service du Haut-Jura.